A MONÉA, ILS COMPTENT SUR MOI

[photographies, 2005-2006]

Ce travail photographique débuté dans l’idée de montrer le visage d’un sans-papier, s’est finalement développé autour de plusieurs thématiques liées à la migration : d’une part la vie en exil, les difficultés, les combats et les richesses d’un homme loin de chez lui et d’autre part, la relation avec ses parents, son village, les contraintes et les paradoxes liés à l’état de migrant.

Partie 1. Histoire d’un sans papier

Paris, France et Monéa, Mali | 2005-2006

Les migrants, hommes et femmes, quittent la plupart leur pays dans l’espoir de trouver un avenir meilleur. Chez eux, ils peinent à trouver de l’argent pour se nourrir et assurer les besoins quotidiens. Une fois en Europe, ils cherchent du travail et, dès qu’ils le peuvent, envoient de l’argent pour aider la famille qui a souvent financé le voyage pour que l’enfant du pays, parti à l’aventure, contribue à améliorer son quotidien.

Qui sont ces migrants ? Que font-ils une fois installés en France ? Quelles sont les relations qu’ils entretiennent avec leur pays d’origine ?

Anzoumane Sissoko a travaillé durant treize ans en France sans papier. Agent d’entretien sur un marché couvert parisien, son salaire lui permet juste de nourrir sa femme et ses enfants et d’envoyer de l’argent régulièrement à sa famille restée au pays. L’argent envoyé au village sert à financer les besoins alimentaires, de santé et les mariages de ses frères. Très engagé dans la lutte des sans papier à Paris, il est le porte-parole de la coordination 75. Grâce à son soutien permanent au mouvement, il a obtenu une carte de séjour d’un an en février 2006.

Partie 2. Retour au pays

Paris, France et Monéa, Mali | 2006

Après treize ans passés en France sans papier, Anzoumane retourne dans son village pour retrouver sa mère, sa famille et ses amis. Au delà de la charge émotionnelle que ce voyage représente pour lui, c’est également un énorme effort financier. Trois mille euros d’épargne, trois mille euros empruntés à la banque. Comme tout migrant de retour dans cette région pour la première fois, il doit apporter un cadeau à chaque membre de sa famille qui en compte une soixantaine. Au village, c’est l’occasion pour lui de partager avec ses proches son parcours en France et son engagement dans la lutte des sans papier. Il profite également de sa venue pour inaugurer l’école que ses compatriotes et lui ont financé depuis la France. Sa construction a débuté en 2003.

Trois classes en dur ont remplacés celles en banco qui s’effondraient tous les ans après la saison des pluies. Son séjour va lui permettre de réfléchir avec ses parents à d’autres projets pour cette région qu’il a quitté et ainsi participer à l’effort de développement de son village et de son pays.

catalogue

Parcours de migrant, catalogue du projet du même nom réalisé avec l’association Autremonde en 2008. Pour voir le livret, c’est ici.

On en parle sur le web

Afriscope, 7 septembre 2009, Anzoumane Sissoko, au nom des sans-papiers
Hommes et migrations, juillet-octobre 2010, n°1286-87, Anzoumano Sissoko, un migrant entre Paris et Monéa, travail photographique exposé à la Médiathèque Abdelmalek Sayad

Et aussi, sur Anzoumane Sissoko :

Libération, 2009, Le régularisateur

Présentations publiques

2014 | A Monéa, ils comptent sur moi, Centre des Amandiers – Festival l’Afrique dans tous les sens, Paris (France)
2011 | Anzoumane Sissoko, un migrant entre Paris et Monéa, festival Itinéraires Singuliers, Dijon (France)
2011 | Anzoumane Sissoko, un migrant entre Paris et Monéa, projection au Café associatif La Commune, Paris (France)
2010 | Anzoumane Sissoko, un migrant entre Paris et Monéa, Médiathèque A. Sayad, Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, Paris (France)
2008 | Parcours d’un migrant, Autremonde, Paris et Kayes (Mali) ; CFP, Bamako (Mali) et Festival Théâtre des Réalités, Kayes (Mali)
2007 | A Monéa, expositions / projections collectives « Territoires de Fictions » (France)